l’envol de la parole

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Catégorie: peinture et poésie

Herbe folle, illustré par Anne Slacik

Angèle Paoli me signale :

À l’occasion de la publication de son dernier livre peint, Herbe folle, herbe hors d’elle (texte de Jean-Pierre Faye, lithographies de Anne Slacik, éditions Rémy Maure, 2005-2007), Anne Slacik organise une soirée de lecture avec Jean-Pierre Faye le vendredi 30 novembre 2007 à 19h00 à la galerie Meyer Le Bihan
108, rue Vieille du Temple
75003 Paris
Tél/Fax : 01 42 71 81 16 / 17
contact@gmlb.fr
www.gmlb.fr

Voir aussi :
- le site d’Anne Slacik => http://pagesperso-orange.fr/anne.slacik/dernieresexpositions_galeriemeyerlebihan.htm

william carlos williams

le flux inévitable de l’oeil quand il voit et mesure ses limites face au monde qui l’entoure ne peut que se solder par une humiliation accablante pour l’individu sauf s’il parvient à trouver un prolongement à sa ressemblance dans l’étendue de l’univers. Ceci est possible à l’aide de l’imagination. Ce n’est qu’à travers l’action de cette force-là qu’un homme peut éprouver des vibrations de sympathie à l’oeuvre pour la remuer vivement.
Une oeuvre de l’imagination qui échoue à libérer les sens selon cette nécessité majeure- les connivences , l’intelligence en son monde sélectif , échoue à élucider, à soulager ce qui est -
lorsqu’il crée , l’artiste fait exactement ce que tout oeil doit faire de la vie , fixer le particulier avec l’universalité de sa personnalité propre – la grandeur de son imagination lui ayant appris à sentir chaque forme qu’il voit bouger en lui même , il doit en prouver la vérité par l’expression.
La contraction ressentie.

(william carlos Williams , le printemps et le reste , unes)

dire l’entrevu

poésie de peintre : Pierre Tal Coat , traverse d’un plateau , extr.

Traverse d’un plateau

Terre source au matin
terre sonore du midi ou tout s’écrase
terre de la fin du jour où tout s’exhume
partage d’ombre et de lumière
rebond de présences jaillissantes

l’espace et la lumière sont un

ainsi tout flotte et dérive lentement
et la lumière et l’ombre
et toute chose
en cette lumière et cette ombre

telle une voile gonflée
le ciel traverse
et déborde tout
mais rien n’est écrasé
tout est suspendu
et les lointains sont proches

homme pareil à son ombre
qui va au bout des champs
et comme porté sur l’eau et dans le ciel
échelle mouvante dressée sur l’arrête de la courbure.

( pierre tal coat , éd.maeght , l’éphémère 5 )

écrits de peintre

mots de l’oeil ?

je trouve que les peintres ont souvent un regard qui ,s’ils écrivent , donne une poésie particulière ,
c’est le trajet de l’oeil à la main , via la pensée qui en fait cette chose si spéciale ,
un recueil d’Henri Michaux (à distance) semble comme des tableaux en mouvement , proches des premiers Zao Wou Ki . Juste retour des choses car michaux à écrit des très beaux poèmes sur des toiles de Zao wou ki
l’espace vibrant du mot, la peinture comme une intention de dire , connivence naturelle , tout cela est bien mystérieux!

à écouvrir la poésie en catalan, l’oreille pour moi se fait oeil comme celles, traduites, des poésies du peintre Rafols Casamada :

limites

la ligne de partage

entre lumière et ombre

cascade inconnue du hasard

lumière du geste et du mot

près de frontières invisibles

jeu

d’espace ou le désir et le doute

se superposent

lueurs nocturnes

dans des miroirs brumeux

(extr. angle de lumière , R C )

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