l’envol de la parole

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Catégorie: langue age

langues

…les langues multipliées multiplient les imaginaires . En passant à l’acte d’écriture on en déstocke le trop-plein en restituant une bibliothèque d’histoires, d’énigmes et de rébus. A la parole spontanée se superpose la parole invisible, on passe du conscient à l’inconscient en dérivant de la langue au langage. on donne aux mots une deuxième dimenssion, élaborée inconsciemment à partir de sédiments, … sables, graviers limons en  proportions inégales selon le parcours de chaque vie dans des territoires inconnus .

…le vagabondage au milieu de syllabes qui changent de sens dès qu’elles changent de ton ou d’accent me projeterai sur une longue route aux multiples déviations … Ma palanche serait alourdie de mots agencés à la manière fantaisiste de colporteurs qui proposeraient le soja avec du sirop de sucre parfumé au gimgembre, le manioc bouilli avec une poignée de bonbons à la banane confite  Des mots inégaux qui mettraient en déséquilibre les paniers au bout de la palanche . Des mots pour tomber à la renverse et pour marcher à reculons en broyant du noir aux cotés des âmes errantes, déambulatrices de l’autre monde, amputées de langage ou de sons et dotées seulement du don de hantise. Des mots à avaler, mâcher ou croquer en déambulant en compagnie de tous ceux qui s’agiteraient autours de moi, seuls ou en famille, souvent chargés eux mêmes de lourds fardeaux : canards vivants, arbres à cames, arbrisseaux, pianos à queue, bouquets de nénuphars équeutés.

anna MoÏ ( esperanto desespérento)

Cummings for rêveur ….

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je
n’ai jamais
pensé que n’importe
quoi(même un
univers) puisse être
aussi tout à fait incroyable
ment minuscule que parfait cet
(oû presqu’invisible d’un là d’un)ici du
foyer d’une dame-colibri avec son immobi
lité qui est vraiment elle
(et penser quelle
réchauffe trois mondes)
qui est éton
nament un
J’oeil

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” était-ce m’émerveillais-je ” vraiment
toi? “
et une mésange
à tout le monde, sauf à moi quel
(en m’
appelant)qu’un il y a longtemps
qui était mort

,répondit


la br(commeunrêve)ume

rend
grand chaque min
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(….)
” il est temps que tu nondeviennes
où était grimper et brillant
est l’obscurité et tomber
(à présent le mal est le seul bien)
parce que les courageux sont lâches tous
par conséquent désespère, mon coeur
et meurt dans la saleté …

© E. E cummings, 73 poèmes , ed. le temps des cerises/écrits des forges

les mains dans la vaisselle

extrait de “l’afrique est en nous” de Daniel Biga , éd. l’amourier

choc de vaisselle dans la cuisine à coté
tutta la mia vita dis! j’ai entendu ce-
là : l’eau couler gicler les fourchettes les couteaux les verres
zaïgus
les mains ridées ou jeunes nues ou protégées caoutchou-
tées latexées
presques toujours féminines ma mie mes
vies
je revois d’elles le reste chair-peau-poil
parole-sourire-cri-sanglots
le silence chaque fois qui clôt un chapitre

( pitchoun tu siès un “bastian – countrarié”! – dia pépé )

songe parfum de palme olive populaire la roug-
eur des mains ( aussi d’autres gants gynéco-
logiques ceux du secret interne toucher vaginal ce
qui dit la solitude inimaginable autrement )
autours d’une vaisselle il y a le monde entier

la vaisselle est un lac de douceur

c’était ma mère souvent ma grand mère aussi
ce fut ma grand soeur poi la piu piccola ce fut
Tante et Marraine et Gaby et Madame Laura et
Tata Simone et Madame Mondu et et Doudou et Aïcha puis
ce fut
L. qui m’accompagna quelques mois after my first wife
L. qui me tint compagnie quelques années puis
bien des co-pines blanchêtres noirêtres bronzêtres
blondinettes olivettes des zamies zou des maîtresses

( ces nominations changeant suivant tépock idéologies  les personnes leurs parcours)

ce fut moi aussi assez
souvent il faut le reconnaître durant de longues
divisions
finallement ( le laiss’pèr’) c’est toi aujourd’hui du
présent que j’écris tes mains belles- surtout fidèlement
aimées
tes mains dans la vaisselle douce enfin le robinet fermé j’at-
tends que tu me reviennes….

autour d’une vaisselle vit le monde l’humanité

la vaiselle c’est un océan d’hunanimité

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” comme elle est belle ! comme elle est grosse ! “
dit-elle
- cara è una coda d’amoroso !
” moi-dit-elle- j’ai des pouvoirs de magnétiseur
d’un petit truc comme ça je fais un gros ma-
chin…

t’as vu ça la magie !”

donnez-nous aujourd’hui notre thym notre pin quotidien délivrez-nous
du mâle-à-bar
arbres abattus par centaines milliers sur dizaines de kilomètres de piste
tout ceci fouchtra me mrite pas un yota
écrasés par les bulldozers décim&és par les tronçonneuses
vous ai vu abattre pins chênes sans un cri
toi grand pin zen tordu en tes branches crucifiées
sur la neige
rien

© daniel biga et édition l’amourier

la parole se met en marche dans la langue et part …

c’est à un grand voyage dans la parole tel qu’on ne le trouve plus guère qu’en Afrique quand elle se lève prend son baluchon de son et déblatère les litanies des débuts des temps le long de ces chemins sans fin vrilles d’une incessantes rebondissante deux livre mains dans la mains m’y entrainent

Daniel Biga : l’afrique est en nous , l’Amourier,

Total KHAOS
(Zapologiedes superzhéroscontemporains)
s’autoclare s’autoclame
Oupen opvert salon mondial de l’autokonnerie
Monumentéléphantesque
l’ouragan n’importe couac s’annonce côte forte bourse
go New York go London go Berlin va Paris go Moskov go Sydney go Tokyio
itou à Tombouctou Sakhaline Kinshasa Pierrefeu au déserts itou aux poles itou
Mad Max braille truandaille assaille funéraille mitraille ferraille fricaille : triomphe
( “j’n'aime pas cett’ épok-é-mone!- et je plante des zarbres pour les zoiseaux”)
….
et plus loin

Il a plu au coeur du Sahara au milieu de l’aride
quelque ombre de bienfait de repos d’allégresse même
‘est alors glissée jusqu’aux racines
des plus sec parmis les arbrisseaux
jusqu’à la mamelle la plus assoiffée des rares animaux
sur le pauvre sur le maigre sur l’inculte sur le minéral
avec sa clique sa fraîche sa carresse
presché un giorno dourant la ploïa persévérare
parfois la pluie arrive au muscle du désert
quand menacée se sait la vie


c’est après que le môme romarin ce vagabond va-nu-pied
- peulh éthique plus gris qu’ébène – ce
berger meskin sans caprin ni ovin rencontra la princesse
il vit- il en fut illuminé à jamais-:
même en haillons même nue toujours d’une élégance
raffinée la princesse

le deuxième livre ,
Un paradis de poussière , de James Sacré, aux éditions André Dimanche ,
invite à une réflexion sur la parole le poème le voir le vivre l’amour , lêtre avec , un tas de choses du quotidien même au hasard d’un voyage au maghreb , la-bas ailleurs ou le corps se porte et rencontre l’autre

Evidemment le mot rien dès qu’on le dit
Se hurte à tout ce qui reste vivant,
Ce par quoi justement je touche (avec et sans précaution)
A ta parole à ta main, autant
Qu’à ton silence ou ton retrait.
Le mot rien dans le mot vivant ?

( à suivre)

Diane Glancy : réflexions à propos de notre langage peu commun

J’ai la chance de voisiner avec BEATRICE MACHET, cette écrivaine hors pair est aussi traductrice des grandes voix contemporaines amérindiennes dont elle se fait l’écho ; est paru
aux éditionS WIGWAM “offrande pour Iron Woman” de DIANE GLANCY

la voix qui m’est parvenu avec le plus de force et de résonance est celle de Diane clancy , auteure amérindienne métisse d’origine cherokee, son écriture force et félure sensible lenteur tente de retrouver les territoires perdus où l’être s’accorde pleinement , réalisme et puissance évocatoire montre la beauté fragile de la femme et les ramifications que l’être humain entretien avec l’espace, les voix qui parlent dans les strates anciennes de notre réalisation.
L’étendue du monde, le présent tant bien que mal dialogue face à l’écho de l’intemporel su et invoqué pour ressurgir au visible.
évidemment ce texte sur le langage ne pouvait que me fasciner :

” Je rencontre des difficultés avec le langage parlé. Je parle mais souvent je ne trouve pas le mot dont j’ai envie de transmettre le sens. Souvent, j’embrouille deux langues On dirait un accroc dans une langue transformé en fer rouge raccourci à la taille d’un insigne. Pocalis pour un cowboy de quartier. Chowdhurryies pour un rapide bol de soupe. Je me demande si c’est à cause d’un du transfert de deux héritages dans un même vase / une bifurcationde la pensée pas seulement sous la pression interne mais aussi sous celle de l’extérieur. Je me souviens de la voisine arrosant ses mirabilis dans la petite cour entre nos deux maisons. Il y a un mot pour ça dans mes valises que j ‘ai préparées pour un long voyage. Tu es venue à la maison et nous avons parlé des fleurs pendant que le chat s’affalait par terre. Je dois trouver ce terme comme on cherche une robe qu’on sait être quelque part dans les bagages, mais c’est avec du mal qu’on ouvre le cadenas et qu’on extipe le mot nécessaire à la conversation. Jamais dans ma bouche, tombant facilement comme un grain de maïs si je suffoque. Non les mots sont emballés serrés la-dedans. Je n’aime pas les savoir dehors. L’isolement dans la prairie m’a donné le sens migratoire du privé. Les mots comme des ballons gonflés de notre souffle sont sacrés et c’est sans doute pourquoi c’est si dur de porter nos paroles lourdes de sens pareilles à des bisons retournés dans les plaines.”

© WIGWAM

pour continuer la rencontre avec Diane Glancy , ses mots bercent :

A mes débuts, il y a à peu près vingt cinq ans, personne ne s’intéressait aux auteurs Indiens. Puis, quand le multi-culturalisme fût promu aux U.S.A, les seules voix Indiennes que recherchaient les éditeurs, étaient celles parlant des Plaines, les chasseurs nomades des bisons, les tipees et les coiffes de plumes. Les Cherokee étaient des fermiers cultivant le maïs. Ils élevaient des animaux domestiques : vaches et cochons. Je n’avais jamais vu à l’époque de tipee ou de bison. Les parents de mon père vivaient dans des huttes. Le maïs était l’aliment de base, pas le bison. Ce fut donc plus tard qu’une place fut faite à mes ouvrages. Mais pas avant que les éditeurs ne réalisent que les types de cultures Indiennes étaient différentes entre elles, et qu’il existait de nombreuses tribus. Alors je pus enfin trouver les voix perdues de mon héritage Indien, ce qui me permit d’abandonner l’imaginaire stéréotypé de mes écrits.

Mes paysages sont les prairies d’Oklahoma : les grandes étendues d’herbe haute. J’aime aussi beaucoup la route à perte de vue, dans la campagne, ce parce que je voyage souvent sur le couloir central, l’axe nord-sud qui traverse les U.S.A. Je vis dans le Minnesota depuis maintenant dix sept ans parce que j’enseigne dans une université de cet état. Je retourne souvent à Kansas-city, où mon père s’est installé pour travailler il y a si longtemps. C’est là qu’il est enterré, mes deux parents y sont enterrés. Le langage écrit est apparu tard pour les Indiens d’Amérique, mais c’est le véhicule que j’utilise pour tracer mon chemin.”
” Mon dernier livre ( 2004 éditions SALT PUBLISHING ) est dédié à la poésie et à l’idée de “ville champignon”, car celle-ci recèle toute une collection de poèmes. Je viens d’Oklahoma où ces villes surgissaient soudain en une nuit. C’était l’époque de la course pour posséder une terre, puis ensuite l’époque de la ruée vers l’or noir. Ce livre est également dédié à la terre, au couloir central de l’Amérique où j’ai vécu, traversé du sud au nord, et où l’image des villes champignons devient celle des cabanes de pêcheurs, ces abris construits sur la glace d’un lac du Minnesota. Dans le froid, poussent petites villes champignons du souffle, l’haleine, qui recouvre la signification profonde dans les cultures Indiennes du mot poème.”

Diane Glancy tiré de tortue sur le dos

espéranto, désespéranto

notes de lecture de “espéranto, désespéranto , la francophonie sans les français de Anna Moï ,

…”Tôt ou tard les hormones du plaisir se diffusaient et se substituaient à la souffrance initiale de l’apprentissage : c’est ainsi que le courreur de fond persévère, confiant en son aptitude à sécréter des endorphines, l’hormone du bonheur.

… A la glossolalie, je préfère la transcription imparfaite de l’expérience humaine à la lumière du verbe étincelant , je préfère les longues ténèbres du chasseur les marécages où les alluvions s’allourdissent dans la vase, les résurgences inopinées, les noyades.

(l’ellipse) … son role est d’attirer le lecteur sur une présence fantôme insérée dans l’espace du texte et non décrite …

…les langues ne sont qu’un instrument de traduction d’une langue indicible concoctée par l’auteur, page après page . l’essentiel est de créer dans celle choisie, les pliures les plus adaptées aux silences et aux non-dits.

…les langues multipliées multiplient les imaginaires . En passant à l’acte d’écriture on en déstocke le trop-plein en restituant une bibliothèque d’histoires, d’énigmes et de rébus. A la parole spontanée se superpose la parole invisible, on passe du conscient à l’inconscient en dérivant de la langue au langage. on donne aux mots une deuxième dimenssion, élaborée inconsciemment à partir de sédiments, … sables, graviers limons en proportions inégales selon le parcours de chaque vie dans des territoires inconnus .

…Chaque terre est une terre étrangère car les écrivains en brouillent les collines, les vallées et les falaises, avec leur mémoire personelle, imparfaite et décallée.

(terra incognita)… la pratique de langues multiples et l’adhésion aux cultures respectives neutralisent le sentiment d’appartenance, on se transforme en étranger universel.

…le vagabondage au milieu de syllabes qui changent de sens dès qu’elles changent de ton ou d’accent me projeterai sur une longue route aux multiples déviations … Ma palanche serait alourdie de mots agencés à la manière fantaisiste de colporteurs qui proposeraient le soja avec du sirop de sucre parfumé au gimgembre, le manioc bouilli avec une poignée de bonbons à la banane confite Des mots inégaux qui mettraient en déséquilibre les paniers au bout de la palanche . Des mots pour tomber à la renverse et pour marcher à reculons en broyant du noir aux cotés des âmes errantes, déambulatrices de l’autre monde, amputées de langage ou de sons et dotées seulement du don de hantise. Des mots à avaler, mâcher ou croquer en déambulant en compagnie de tous ceux qui s’agiteraient autours de moi, seuls ou en famille, souvent chargés eux mêmes de lourds fardeaux : canards vivants, arbres à cames, arbrisseaux, pianos à queue, bouquets de nénuphars équeutés.

…je suis hostile à la traduction et me soumets à l’alchimie mystérieuse entre les mots choisis par le parolier et la mélodie … quand j’ai commencé à chanter, les digues se sont brisées les une après les autres…

… Ces pliures des mots où se cachent des choses invisibles se prolongent avec la conjugaison des verbes et la déclinaison d’adjectifs en adverbes… l’ombre invisible du substrat préliminaire de l’écriture rend celle ci rétive au déroulement chronologique du récit . Les époques s’interpénètrent, se décantent, se stratifient en couchent aléatoires. … je juxtapose les chronologies à la manière des phonèmes d’une langue monosyllabique, selon la logique dissolue de la mémoire, … étranger et écrivain on transgressera les frontières sans outrecuidance, on emmèlera les pinceaux – voire les pinceaux et la plume – sans être soupçonné d’iconoclastie on pourra malaxturer des mots et, toujours nonchalindolent, revendiquer l’innocence.

…à l’achèvement d’un roman, je suis parfois éblouis de découvrir l’antériorité d’un chemin que je croyais inventer, et que j’avais seulement défriché, en me fiant à mon illusion optique.

…Mais la véritable parenté entre l’art de la laque et celui du langage est dans la préparation du fond et la superposition des couches , … je poursuis, à chaque livre, un écho précaire et mystérieux qui se perd dans des mangroves où nul ne peut me suivre tant que le livre n’est pas achevé …

… je ne suis pas tentée par l’incommunicabilité par défaut de désespoir. Quelque chose me dit que je suis loin de l’exil ; l’écriture m’a rapprochée de territoires où des pierres pourront être posées et des rivières couler. Quelque chose me dit que je suis aux abords d’une arène immense ou mes fauves pourront rugir .”

Confiant

Brin d’amour ou la “négresse féerique”

(samba em preludio à l’hosanna de la francophonie)

( extr. Brin d’amour de Raphaël Confiant, le territoire de “la négresse féerique”, lysianne, qui m’en rappelle une autre, liliane de ntz.Shange)

” Je dois donc lutter avec chaque mot avant de le tracer sur la feuille, comme pour le purger de ses miasmes. Comme pour le purifier. Sinon je me trahis à chaque mot et me joue de moi même. Je plains donc ceux qui n’écrivent jamais, car ils passerons à coté de leur vie, munis pour tout sésame d’un faux langage comme on dit de la fausse monnaie. Croyant échanger des sentiments profonds ou des désirs, ils demeurent étrangers à eux même et aux autres, et de ne pas le savoir ils jubilent, se congratulent, s’exaspèrent, s’exaltent ou pérorent à la manière de grands enfants. Il n’y a guère ici-là que la coulée d’amour et son chapelet de phrases apparemment biscornues pour s’approcher un tant soit peu d’un langage qui soit notre vérité vraie.

(…) Calendrier d’une absence

Tant de grands pans de rêve, de parties d’intimes patries effondrées. Et le jour qui se lève en moi comme une promesse de désastres féconds. Le jour que j’appelle de mes mots qui ont la tiédeur fugace des prunes-mombins tombées, pilées, triturées, machonnées dans les chemins en deshérence. J’excelle dans la joie quand, au miquelon de la mer, montent les grandes orgues de lumières écarlates et que, magnifiant le grand silence du matin, l’oiseau-mensfenil, solitaire et grave, cueille en plein vol d’imperceptibles clameurs de vent. L’exil s’en va ainsi dans la mangeoire des astres. Je crie et seules m’entendent mes tempes qui battent d’un sang frais:

donnez moi la foi sauvage du sorcier
donnez à mes mains la puissance de modeler
donnez à mon âme la trempe de l’épée
je ne me dérobe point …

(…)

Raphaël Confiant, Brin d’amour, mercure de france

Colette Fellous

LANGUES

… Je crois bêtement que je serais toute seule à faire ce voyage mais en fait je partirai avec vingt siècles sous la peau et une floppée de langues clandestines et de grammaires bigarrées qui se sont logées dans mes yeux , mais ça je ne le sais que depuis aujourd’hui. La vérité habite toujours dans un corps, c’est à dire dans un lieu et dans un temps.

(colette Fellous, aujourd’hui, gall.)

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